1. Introduction
  2. Quelques réflexions en vrac
  3. Organisation des noms de familles maltais
  4. La théorie de Hull sur la colonie Girgenti
  5. Premiers recensements et classement des noms
  6. Le recensement de 2005 et les noms maltais les plus communs
  7. Le panthéon des noms de famille maltais
  8. Fréquence par emplacement
  9. Un aperçu de Gozo
  10. L'échantillon 'australien' parallèle
  11. Mots apparentés et doublets
  12. Noms multiples
  13. Noms disparus

Noms disparus

Les noms disparus témoignent aussi du réseau passé de connections politiques et socio-culturelles complexes de Malte. Il existe plusieurs raisons qui peuvent expliquer pourquoi ces noms de famille ont disparu. Certains noms de famille étaient tout simplement éphémères et transitoires - un étranger allait passer quelques années à travailler sur l'île et ensuite décidait de retourner dans son pays natal, emportant son nom de famille avec lui. D'autres étaient portés par des familles qui n’ont tout simplement pas pu avoir de descendants mâles. La famine, la peste et la guerre peuvent anéantir des familles entières, en particulier si elles comptent peu de membres. D'autres familles peuvent avoir émigré pour chercher fortune ailleurs dans les temps difficiles ou pour fuir la menace d'invasion. C’était la règle dans les temps médiévaux et au début de l’époque moderne. A notre époque, on estime que plus de 137 000 Maltais ont quitté le pays durant la période 1946-1974 (90). Beaucoup de noms juifs, comme Levi et les dérivés d'Abraham (Abramo), doivent s’être perdus après leur expulsion en 1492. Les noms de familles ont peut-être muté vers des formes différentes pour des raisons d’homophonie. Les curés de paroisse, les notaires et les scribes ont surement eu leur juste part d'interférence dans cette affaire.

Aujourd'hui Delezio est probablement une forme cryptée de D'Alessio. Certains ont changé leur nom à des fins religieuses.

Amato peut parfois être un nom déguisé pour Hamed (m-t < m-d). D'autres ont eu leur nom de famille changé d'un terme spécifique à un terme plus générique.

Un De Candia aurait pu tout simplement devenir un Grech.

Enfin, certains noms de famille ont été victimes de la traduction littérale :

  • Pullicino peut être un calque de Fellus,
  • D'Amico de Habib,
  • Pellegrini de Cagege,
  • Leone de Dorbies.

Beaucoup de familles maltaises modernes retracent leurs origines à diverses parties de la Sicile et de l'Italie du Sud. La proximité géographique a facilité un nombre considérable de mariages mixtes, de migrations croisées et de commerce entre les deux pays.

L’influence de la Sicile et de l'Italie est illustrée dans cet exemple de noms de famille qui ont maintenant disparu de la nomenclature locale : Leopardi, Trovato, Galante, Volpi, Villa, Vallone, Tartaglia, Spada, Nava, Rispoli, Casanova, Ottomano, Cipolla, Parodi, Bordino, Bellucci , Aprile, Alaimo, Abbate, Fontana, Candela, Colonna, Falca, Fabbreschi, Solimena, Farina, Verdi, Croce, Cataldo, Nuzzo, Crispo, Mannarino, Saura, de Spinola, Bonamico, Bosio, Pontremoli, Murina, Platamone, Moreo, Cannolo , Crescimanno/i, Melani, San Filippo, Santa Maura, Santa Sofia, Virtù, Montano, et Caxaro (= Casciaro). La liste ne pourra jamais être exhaustive. On peut immédiatement constater que certains de ces noms de famille ont été portés par des familles maltaises illustres qui se sont depuis éteintes, ou bien par des individus importants qui se sont distingués dans certains domaines, que ce soit littéraire, artistique, politique ou autre.

Beaucoup de noms disparus viennent évidemment d’un patronyme ou d’un toponyme importé. Les noms patronymiques comprennent : De Benedetto, De Biasi, De Federico, De Filippo, De Fiore, De Francesco, De Giuseppe, De Gregorio, De Lazzaro, De Salvo, De Vico, Depetri et De Petruzzo. Ceux-ci sont complétés par Gori, Lorenzi, Natale/i, Nicolai, Pasquale/i, Salvatore et plusieurs autres.

Les pays étrangers, les régions et les villes sont représentés par Francia (et Francese), Inglese, Fiam(m)ingo (et Flamingo), Spagna, Vasco, Toledano, Valenziano, Locarno. Les noms de lieux italiens sont représentés par Bresciani, Capuana, Piacentini, Toscano, Ferrara, Sardo ; alors que la Sicile est représentée par de Trapani, De Modica, et Raguse.

Le nom toponymique le plus intéressant est cependant Maltese, qui concerne évidemment quelqu'un d'origine maltaise qui pour une raison quelconque est retourné sur la terre de ses ancêtres.

Les noms de Lucia de Corfù (1581), Emmanuel de Rodi (1584), Francesco de Milo (1585) Valerio de Céphalonie (1590), Giovanni de Candia (1595), Antonio di Santorino (1597), Nicola de Patmos (1604), Giovanna del Zante (1604), Simone Di Paros (1631), et Giovanni de Thebe (1668) dans le Status Liber confirment l’importante présence des Grecs à Malte. Les autres noms de famille de ce genre sont De Corinto et De Macédonia.

Certains noms de famille français comprennent: Reynaud, Audibert, Vignon, Grognet, Barth, Chevalier, Glivau, Grillet, Isouard et Létard.

Les exemples espagnols abondent également: Ximenes, Rodriguez, Alvarez, Ruiz, Carmona, Gallego, Vargas, Ribera, Torres et Calderon.

La nomenclature slave amène Mitrovich, Perovich, Mircovich, Evanovich et Covich.

Les noms sémitiques, principalement arabes, qui ont disparus sont également fournis : Hakim, Habib, Xara, Zabbara, Cagege, Fartas, Far, Fellus, Felu, Mahnuq, Buras, Dorbies (= Dorbes français), Debbus, Sitajjeb et Nigret.

Ensuite, il y a une fascinante liste de noms de famille disparus étranges comme Abeasis (beaucoup trouvé dans les noms juifs en Tunisie), Acceragg, Besseling, Calapaj, Dasos, Fucar, Levanzin = Lavanzin / Navanzin, Meysionet (Français), Misajel, Nais/z, Navanzin = Lavanzin, Pajas, Psinga, Sisner, Sitges, Visingh, Skilaar, Benjacar, Decoss (Français), et Poussieghes (Français) qui attendent un examen plus approfondi.

De toute évidence, cette modeste liste de noms ne rend pas justice aux centaines, sinon milliers, de noms de famille qui, à une époque, étaient existant à Malte. Les noms disparus font toujours partie du patrimoine national; ils portent encore témoignage de notre histoire colorée et de notre melting pot ethnique.

Notes :
  1. Attard, p. 7.

  1. Introduction
  2. Quelques réflexions en vrac
  3. Organisation des noms de familles maltais
  4. La théorie de Hull sur la colonie Girgenti
  5. Premiers recensements et classement des noms
  6. Le recensement de 2005 et les noms maltais les plus communs
  7. Le panthéon des noms de famille maltais
  8. Fréquence par emplacement
  9. Un aperçu de Gozo
  10. L'échantillon 'australien' parallèle
  11. Mots apparentés et doublets
  12. Noms multiples
  13. Noms disparus
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