Jacques et Marguerite de Pellegrino

de Loïck Portelli

Les recherches sur internet concernant la généalogie maltaise nous amènent régulièrement sur des sites qui laissent croire à tout un chacun qu'il a nombre d'ascendants prestigieux dans sa famille. Hélas, des recherches plus approfondies font apparaître la terrible vérité : il n'est pas possible de descendre du roi de Chypre Eugène Matteo d'Arménie qui n'a d'ailleurs jamais existé, ni du sultan Djem qui n'a pas de descendants connus à Malte et encore moins d'un pape, fût-il un Borgia. Tout espoir est-il donc perdu de pouvoir briller dans les dîners mondains ? Et bien non, une petite lueur apparaît dans l'obscurité du XIVe siècle, elle s'appelle Marguerite.

Au milieu du XIVe siècle un homme d'origine sicilienne répondant au nom de Giacomo (Jacques) de Pellegrino prend une place de plus en plus importante dans les affaires de l'archipel maltais. Le roi Frédéric III de Sicile (1341-1377) lui accorde en juin 1361 de nombreux domaines : le Jardin du roi (Jardinu de Lo Re) avec ses deux fontaines de Ghajn Qajjed et Ghajn Tosen, les champs nommés La Chafe et Fonte, le fief de Benwarrad et les terres d'Habel Saleth [1].

Le chevalier Jacques Pellegrino collectionne également les titres : il est nommé Secreto de Malte (collecteur des taxes), Capitaine de Malte, Giustiziere avec des pouvoirs de justice étendus aux affaires criminelles et châtelain de Malte et Gozo à vie le 17 avril 1366. Le même jour, il obtient le titre de familiaris regis (familier du roi) [2].

Pellegrino possède une fortune colossale. En plus de jouir du statut de familier du roi qui l'exempt de toute taxe, il fait du commerce de tissu (il possède un entrepôt et peut-être une manufacture de textile) et pratique la piraterie, ce qui lui assure des revenus conséquents [3].

Pendant que les affaires de Jacques prospèrent, le roi Frédéric III de Sicile, dit le Simple, voit son pouvoir contesté par les puissants barons de Sicile, en particulier par Artale d'Alagona. Son règne est de plus ponctué de guerres avec le royaume de Naples ce qui l'oblige, n'ayant pas d'armée permanente, à régulièrement convoquer ses vassaux qui ne répondent pas toujours à ses appels.

Comme il ne possède que peu de galères (une seule est connue, la Santa Agatha) le roi demande à Jacques de lui en fournir une le 28 août 1370 [4], après lui avoir emprunté la somme conséquente de 3000 florins [5].

Les activités de piraterie que Jacques pratique autour de la Sicile, notamment aux dépens des républiques maritimes dont la puissante république de Gênes alors à son apogée, perturbent les efforts du roi Frédéric d'établir une paix avec ses voisins.

Jacques devient le maître d'un archipel quasi autonome. Ainsi en 1370 la reine Eléonore d'Aragon, sœur de Frédéric, demande à ce dernier de constituer la dot de sa sœur Blanche, future comtesse des Empuries, à partir des revenus maltais et souligne les difficultés rencontrées avec "le titulaire des îles de Malte", Jacques Pellegrino, qui refuse de collaborer avec le pouvoir royal [6].

En 1372, Gênes envoie une flotte constituée de dix galères sous le commandement de Thomas Morchio afin de mettre un terme aux activités de piraterie venant de Malte et d'obtenir le remboursement des dettes de Pellegrino. Les troupes débarquées font le siège de la capitale Mdina et du castrum pendant deux mois. Le roi Frédéric se rend à Malte en personne et reçoit un accueil favorable de la population qui se range à ses côtés. Du 8 au 14 novembre 1372, il accorde titres et privilèges à 32 familles maltaises qui ont participé à la chute de Pellegrino et à la restauration du pouvoir royal.

C'est après la chute de Jacques que l'on voit apparaître le nom de sa femme dans les archives de la chancellerie royale de Palerme : Il s'agit de Marguerite d'Aragon. Cousine du roi Frédéric III [7], il la désigne comme étant nobile, puis consanguineam fidelem nostram. Elle l'accompagnera d'ailleurs à Messine après la confiscation des biens de son mari [8]. Dans un décret daté du 20 novembre 1372, le roi ordonne au Secreto de lui allouer une subvention annuelle de 50 uncie afin de lui permettre de maintenir la position attendue de son rang [9] :

[..] I novembris apud Messanam

Pro nobile Margarita uxore Jacobo de Peregrino militis.

Scriptum &c. Petro de Mauro de Messana militi maioridomus sui hospicii as secreto et magistro produratori nobilis civitatis Messane consiliario familiari et fideli suo &c. Ad humilem supplicationem noviter Culmini nostro factam per Margaritam mulierem uxorem Jacobi de Peregrino militis consanguineam fidelem nostram asserentem se nichil inde habere seu de suis bonis nichil inde remansisse unde possit vitam suam sueque familie ad presens inopem substentare, compacientes de eius inopia sueque paupertatis, uncias quinquaginta in aliqualem subsidium expensarum suarum super proventibus et redittibus cabellarum et jurium bisocti et salis nostre Curia ad dictum secrecie et procuracionis officium spectancium ex nunc in antea anno quolibet usque ad nostrum beneplacitum benignite providimus exhiberi quas cabellas quondam magistro Roberto de Naso phisico medico et eius heredibus in perpetuum ad patentes licteras nostras sibi proinde factas sub sigillo nostri Culminis certis consideracione et causa in patentibus ipsis destinctis nostra concesserat celsitudo ipsasque pro dicta causa usque ad dictum nostrum beneplacitum providimus esse suspensas, volentes quod dicte uncie quinquaginta eidem nobili pro expensis suis sueque familie super proventibus et redditibus cabellarum huiusmodi civitatis predicte anno quolibet largiantur, fidelitati tue mandamus quatenus predicte nobili Margarite vel pro ea nuncio presentes tibi licteras assignanti, predictas uncias quinquaginta ex nunc in antea anno quolibet per nostram Excellenciam sibi exhiberi provias in subsidium expensarum suarum dicteque sue familie et supra, super proventibus et redditibis cabellarum et jurium predictorum tribuere et solvere pro parte nostre Curie studeas et procures, recepturus a dicta nobile vel eius nuncio exinde apodixa sue vel dicti nuncii sui tantum sigillum munitam. Datum &c.

Si son ascendance est incertaine, la plupart des historiens s'accordent à la dire descendante du roi Frédéric II de Sicile (1272-1337). Elle est soit la fille illégitime du roi lui-même soit de l'un de ses fils, probablement Guillaume d'Aragon, prince de Tarente, duc d'Athènes et Néopatrie et comte de Malte (1312-1338) [10].

Le 11 octobre 1373 Marguerite obtient le retour d'exil de son mari : "... Suivant les humbles supplications renouvelées à notre Excellence par Notre fidèle parente et amie, la noble Marguerite d'Aragon, épouse de Jacques de Peregrino, Milite, Nous accordons gracieusement à la noble dame que ledit Jacques, son mari (après avoir d'abord réglé sa dette au Magnifique Doge et à la commune de Gênes) peut, librement et sans crainte de représailles, venir à la noble ville de Messine ..." [11]. Le 3 avril 1375 le roi restitue à Marguerite les deux tiers des propriétés confisquées qu'elle possédait conjointement avec Jacques. Le 4 septembre elle obtient le dernier tiers [12]. En 1402 elle demande et obtient du roi Martin de Sicile de pouvoir profiter du privilège royal autrefois accordé à son mari d'être exemptée du tribut annuel (une paire de gants) lié à la terre nommée il Marnisi [13]. Le dernier document rédigé du vivant de Marguerite est son testament, daté de juin 1418 dans lequel elle mentionne ses trois filles [14] :

In Nomine Domini, Amen.

Anno Dominicae Incarnationis millesimo quatrin-centesimo decimo octavo, Mense Junij, quinto die Mensis eiusdem, undecimae Indictionis, Regnante Serenissimo Illustrissimo Domino. Domino Nostro Rege Alphonso dei Gratia Excellentissimo Rege Aragonum, et Siciliae, Valentiae, Majoricarum, Sardigniae, Corsicae, Comite Barchinonae, Duce Athenas et Neopatriae, ac etiam Comite Rossilionis at Ceritaniae, felicis Vo Regij Dominij sui tertio feliciter, Amen.

Ego Domina Margarita relicta quondam Magnifici Domini Jacobi de Peregrino iacens in domo mea egra licet corpore sana tamen mente et sensu ac propriae rationis compos existens per Dei gratiam, volens tamen in animae meae providere at bona mea disponere Divinum timens iudicium repentinum ne forse vitam meam sub silentio finirem intestata de bonis meis omnibus eu iuribus universis prefatus meum sollemne et in scriptis testamentum manu Antonij de Azzoppardo totius Regni Siciliae Regni Notari clausum nexibus a tergo subscriptum et sigillatum condidi et facere procuravi. In quo quidem solemni et inscriptis testamento in primis —————————

Lego pro Anima mea Domino Melivetano Episcopo florenos quinque p.g.

Item lego pro Anima mea processioni Melivetana Ecclesia florenos quinque p.g.

Item lego pro Anima mea meo Cappellano VT Donno Cataldo Cusburella alios florenos quinque dicti p.

Item volo distribui pro Anima mea Clero intercedente die obitus mei cera laborata rotulos octaginta et die octavo et quadragesimo alios rotulos viginti ad arbitrium fidei commissarios meorum infrascriptorum faciendorum in candelis et blandonis prout eis videbitur.

Item volo et mando cani et celebrari pro Anima mea et dicti quemdam mariti mei infra annum unum a die obitus mei Missas mille super Altari Cathedralis Ecclesiae Melivetanam iuxta sepulturam meam existentem ad arbitrium meorum fidei commissarios prefatos faciendo celebrare Missas easdem secundum cursum festivitatum concurrentium in anno prefato.

Item volo et mando quod emanant sex petiae pannorum de et pro exequis meis et distribuant ad arbitrium fidei commissariorum meorum predictorum.

Item lego Ciuchae famulae meae filiae Franchini Chamf pro suo Maritagio lectos duos raubae fulcitae iuxta usum agricolarum et Villanorum Insulae Maltae, et sa1matam unam Terrae Magnae Mensura de Insula dandae sibi de meis iuxta , et secundum arbitrium eorumdem fidei commissariorum.

Item lego Gallenae filiae donnae Sarianae famulae meae dimidiam salmatam Terrae grossae mensurae ad arbitrium fidei commissariorum praefatorum. Item lego Gofredo Cusburella salmatam unam Terrae Magnae mensurae ad arbitrium prefatorun fidei commissariorum.

Item lego Comitissae de Grimaldo florenos duos p.g.

Item lego Donae Stirianae famulae meae similiter prefati salmas duas mensurae gratis.

Item lego Margaritae puellae filiae quamdam Thomasij Busco salmatam unam Terras Magnae mensurae Maltae ad arbitrium dictorum fidei commissariorum. -

Item lego pro Anima mea Ecclesiae Meliveti Cappam unam Canonicalem valoris florenos triginta p.g. ordinandam pro usu Cappellani eiusdem Ecclesiae in omnibus Sacramentis per eum prestandis pauperibus tam in Baptismate quam in sponsalibus eorum.

Item lego pro Anima Mea lampadi Ecelesiae prefatae ordinandae in loco Corporis Christi apothecam unam quam habeo et possideo intus Civitate Meliveti prope Hospitale Sancti Petri suis certis finibus limitatam.

Item lego pro Anima Mea lampadi Ecclesiae prefatae ordinandae iuxta Altare positum prope mean sepulturam quamdam aliam apotecam quam habeo iuxta apotecam prefatam legatam lampadi Corporis Christi ex parte septentrionis at propter apotecae prefatae.

Item lego pro Anima Mea Dopno Cataldo meo Cappellano salmatas quatuor Terrae aratoriae sitas et positas in eadem Insula Melitae in contrata quae dicitur Bubacra vocatam galabir i1 hal chadin el Mula certis suis finibus 1imitatis, usu fructuandas per eumdem Sacerdotem in vita sua pro divino officio celebrando et post obitum dicti Sacerdotis debeant dictae ghalche tradi per meos haeredes usu fructuandae per meos fideicommissarios alteri Sacerdoti et sic de uno Sacerdote in alio successive usque in infinitum per haeredes et successores eorum in infinitum per fideicommissarios prefatos in futurum.

Item lego pro Anima mea Eeclesiae Sariatae Mariae prope Ecclesiam Sancti Pauli florenos decem expendendos pro confectione unius conae pro Ecciesia prefata.

Item lego heredibus quamdam Thomasi de Amodeo salmatas tres terrae arati de terris quas habeo in contrata Weden eidem ad arbitrium fidei commissariorum meorum ita quod dicti heredes dicti quandam Thomasj liberent et quittant heredes meos de omnibus juribus, quae habere forte sperant vel habent de bonis quamdam Nico1ai de Amodeo ad manus meas perventis alias cadant a legato prefato.

Item lego Ecclesiae Sanctae Mariae della Nunciata, quam de novo fabricari feci constructa in contrata guicobbira, in loco qui dicitur Sancto Leonardo ad opus marammatum dictae Ecclesiae et pro emendis paramentis et ornamentis videlicet libris, calicis, vestimentis, conis, Cruce, campanis et aliis necessariis eidem Ecclesiae; ac etiam pro vita et subsidio fratrum vel canentium seu psallentium et celebrantium vel dicentium in eadem Ecelesia Divinum Officium omnes territorios quos habeo in dicta contrata Sancti Leonardi cum viridario ibidem existente et cum Terris vocatis Suatar et aliis terris cu1tis et incultis in terris dictae contratae. Item simili modo et forma omnia bona mea stabilia quae habeo in Insula Gaudisii.

Item lego eidem Ecclesiae calicem unum de argento quam habeo in domo mea et unum par ampullarum de argento et vestimentum unum cum quadam casubla rubea de tindato quae habeo in dome mea nec non et aliud vestimentum cum casubla caelestis coloris cum quodam alio calice de argento novo deaurato et quondam librum omeliae

Item volo et mando praefatam Ecclesiam cum omnibus bonis sibi ut supra legatis conferri et concedi debere per infrascriptos meos heredes una cum Venerabile Domino Cataldo praedicto Religioni vel Ordini quae placuirint et videbitur dictis heredibus et dicto Domino Cataldo ad eorum arbitrium et videre.

Item lego dicto Venerabile Domino Cataldo Cusburella per certis servitutiis per eum mihi collatis et prestitis florenos quinquaginta p.g. sub fructibus bonorum omnium meorum permanentium post mortem meam en solvendo.

Item revoco, casso, et annullo et irrito quandam donatione duorum feudorum vocatorum li marnisi e la bacharia existentium in Insula Meliveti seu Maltae suis certis finibus limitatis Joanni Antonello et Federico di lo carretto nepotibus meis filiis quandam Magnifici Domini Matthei de lu Carretto et Leonorae meae filiae Ingalium per me olim factam in Civitate Agrigenti manu publica ex quo eamdem donationem feci dum essem in eorumdem Domini Matthei et Leonorae posse et domo infirma per vim et contra voluntatem meam volens et mandans ipsam donationem fove et esse nullam cassam et irritam ac nullius valoris seu roboris ac si aliquatenus ipsam non fecisse.

Item lego Donnae Victoriae Nepoti meae uxori Magnifici Manfredi de Alagona filiae videlicet Dominae Cesariae de la Xabica meae filiae tenimentum terrarum vocatum la Bacaria cum viridario in eo existente domibus, aquis et aquas decursibus et omnibus aliis juribus et pertinentis praeter quam spatium nemorosum seu pratum dicti tenimenti terrarum vocatum la Bacharia quod reservavi et nunc jure legati in Dominium Juditium Dominae Franciae filiae meae uxori Magnifici Domini Ludovici de Plozasco.

Item lego jure hereditatis et recognitionis naturae seu relinquo Dominae Leonorae dotes collatas sibi per eamdem testatricem et contemplatione matrimonji contracti inter eam et dictum Dominum Mattheum di lo Carretto nec non et super jis bona infrascripta videlicet petiam unam terrae vocatam la arcata sitam et positam in Insula Maltae in contrata Zurrico suis certis finibus limitatam et aliam petiam terrae vocatam fideni iddenum sita et posita in dicta Insula et eumdem contrata suis certis finibus limitata, necnon et tertiam partem vineae della Marsa sita et posita in Insula Maltae in contrata Marsae suis certis finibus limitata et tertiam partem tenimenti domorum in quibus ipsa Testatrix habitat et moratur et habitant et morantur nobilem Dominus Ludovicus de Plozasco cum nobilis ejus uxore sitos et positos in Civitate Maltae in contrata Sancti Pauli infra hos fines quod ab oriente est via pubblica, et meridiem est introitus vicinalis domos uxoris et heredum quandam Notariis Rogeri de Terri, ab occasum haeredes quandam Antonji de Sancta Sofia, a septentrionem via pubblica et aliis confines, et tertiam partem bonorum stabilium et iurium quae habeo in Catalonia in locis vocatis Villa Franca et Panedes, iubens, volens et mandans quod ipsa Domina Leonora pro dictis dotibus et bonis aliis predictos se teneat contenta tacita, quieta integra, et satisfacta de tota mea haereditate ademendo sibi ius falcidiae et Tabellaniae et cujuscumque alteris generis detractionis contingentis rigore praefatis testamenti.

Item lego dicto Domini Joanni de lo Carretto salvis pactis et conditionibus infrascriptis tenimentum unum terrarum vocatum lo Marnisi situm et positum in Insula Maltae in contrata Zejtun suis certis finibus limitatum cum omnibus suas auribus et pertinentis spatiis aquis et aquarum decursibus cum pactis et conditionibus videlicet id quod si forte dicto Dominus Joannes moveret seu tentaret aliquam quaestionem seu petitionum contra aliquam personam petendo quod dicta donatio per me ut praedacitur revocata sit irrita et firma vel contra dictam Victoriam et suos super tenimento terras petitionem terras praefatas vocatas tal Bacaria per me ut supra eidem Dominae Victoriae legatas quod in continenti ipse Dominus Joannes cadat a legato praefato et eo casu lego dictum tenimentum terrarum vocatum lu Marnisi Regiae Curiae.

Item lego iure haereditatis et recognitionis naturae nobilis Dominae Franciae filiae meae uxori nobilis Domini Ludovici de Plozasco tenimentum terrarum seu feudum vocatum deirlimara cum omnibus suis iuribus et situm et positum in Insula Maltae iuxta suos limites et confines cum quodam vineali seu viridario vocato Ghariexem et cum duabus apotecis quas habeo in Rabbato Civitatis Maltae coniunctis prope Macellu di Rabbati suis certis finibus limitatus cum conditione quod in casu decessus dictae Dominae Franciae sine liberis de suo corpore legittime descendentibus quod eo casu dictum tenimentum terrarum vineale et apotecae veneale ad nobilem Dominam Cesariam de la Xabica et Jacobum eius filium subsistens eos eidem Dominae Franciae in casu praefato vulgariter pupillariter et fideicommissarios.

Item lego iure praedicto eidem Dominae Franciae filiae meae omnia animalia mea existentia in dicto tenimento terrarum seu feudo vocato Deyrlimara.

Item lego iure praedicto eidem Dominae Franciae tertiam partem vineae vocatae la Marsa suis certis finibus limitatus sitae et positae in dicta Insula Maltae 1imitati et tertiam partem domorum et iurium suorum cum omnibus suis finibus juribus et pertinentiis et tertiam partem tenimenti domorum positi super dictis finibus in Civitate Maltae in contrata Sancti Pauli infra hos fines quod ab occidente et meridiem est via pubblica et a septentrione hospitium dicti Donni Cataldi et tertiam partem bonorum et iurium suorum existentium in partibus Cataloniae in loco dicto Panedes et Villa Franca.

Item lego dictae Ecclesiae Sanctae Mariae existenti in contrata Sancti Leonardi quamdam domum per me fabricatam de novo sitam et positam in Civitate Maltae in contrata Sancti Pauli infra hos fines quod ab occidente et meridie est via pubblica et a septentrione hospitium di Donni Cataldi et ab oriente Gulielmus bonanu et aliis confines cum omnibus iuribus at pertinentiis suis.

Item lego iure haereditatis dictae Cesariae filiae meae pro dicta successione viridanium vocatum Gnien el feres et aliud vocatum Deylbinet cum omnibus iuribus et partinentiis suis et omnes apotecas quas habeo in Platea Civitatis Maltae cum casamento quod olim fuit quamdam Paulini Vella nec non omnes petias terrarum habeo et possideo in dicta Insula Maltae et aliam tertia partem dictae vineae vocata la Marsa et dicti tenimenti domorum et tertiam partem dictorum bonorum et iurium existentium in partibas Cataloniae et in loco Panedes et Villa Franca et quamdam terram meam vocatam Maymona et omnia alia animalia mea preter quam supradicta.

Super vera bonis meis aliis mobilibus et stabilibus actionibus ac iuribus debitorum haeredes meos universales facio, ordino atque constituo praedictam Dominam Franciam et Dominam Cesariam filiias meas.

Item volo et mando quod adimatur ius falcidiae et Trebellarius et omne aliud genus detractionis in omnibus et singulis praedictis et quolibet praemissorum in quibus dicta iura et alia debentur.

Item vole et mando quod omnia et singula legata praefata et expensae meae funerariae satisfiant de primis fructibus omniun et singularum bonorum meorum stabilium tam in praesenti testamento nominatorum quam non nominatorum et inter alia de praemissis primitiis satisfiat dicto Domino Cataldo de dictis florenis quinquaginta sibi ut predicitur a me legatis ita quod primi fructus praedicti sint pro praemissis specialiter obligati et veniant et venire debeant ad manus et posse fideicommissariorum meorum qui habeant praemissa omnia adimplere et satisfacere ut praedicitur.

Item constituo, facio et ordino meos fideicommissarios et praesentis mei testamenti executores dictum Nobilem Dominum Ludovicum de Plozasco, Jacobum de la Xabica meum Nepotem et Venerabilem Dominum Cataldum Cusburella et quamlibet ipsorum in solidum.

Item accepto, retifico et confirmo donationem pro me olim factam dicto Jacobo di la Xabica Nepoti meo et hanc meam assero esse ultimam voluntatem quam valere volo iure testamenti et si iure testamenti non valeret, volo et mando quod valeat saltim iure codicillorum seu alterius cujuscumque ultimae voluntatis melius valere posse cassando et irritando et annullando omne alius testamentum per me olim conditum et volendo et mandando omnium praesens meum testamentum habere omnem plenissimam roboris firmitatem et non aliud.

Descendance de Jacques et Marguerite

Jacques et Marguerite ont eu trois filles, voici un essai de généalogie descendante :

Giacomo de Pellegrino x Margarita d'Aragona (Abela p. 381)

1. Cesarea de Pellegrino [15] x Giacomo la Xabica (Abela p. 381, Fiorini II,2 pp.78,96,127, photo de l'arbre généalogique no 16837, Giacomo dit Manfredo photo 10086)

1.1. Giacomo la Xabica x Leonora de Santa-Sofia ou Maruzza NN (La photo de l'arbre no 10086 mentionne une Maruzza NN, Gauci p.146 mentionne Léonora de Caro-Santa Sofia)
1.1.1. Giorgio la Xabica x Margarita d'Alagona (Gauci p.146, la photo no 10086 ne donne que le prénom Margarita)
1.1.1.1. Paola la Xabica x Pietro de Modica (Gauci p.146, photo no 10086, Fiorini I,2 p.108)
1.1.1.1.1 Ferdinando de Modica x Prudenza la Puglia (photo no 10086)
1.1.1.1.1.1. Perna de Modica x Giuseppe de Allegritto (photo no 10086, Fiorini I,2 p.108)
1.1.1.1.1.1.1 Caterina Allegritto x Giacomo Magro (photo no 10086)
1.1.1.1.1.1.1.1 Imperia Magro x Filippo Spiteri (photo no 10086)
1.1.1.1.1.1.1.1.1 Margarita Spiteri x Alessandro Cassar (photo no 10086)
1.1.1.2 Perna la Xabica x Alvaro NN (photo no 10086)
1.1.1.3 Manfredo la Xabica x Ventura NN (Gauci p.146, photo no 10086)
1.1.1.3.1 Agata la Xabica x Antonio Inguanez (photo no 10086)
1.1.1.4 Zuna la Xabica x Antonio Falca (Gauci p.146, Fiorini I,1 p.299) xx Diego Zavaglies (photo des légations no 10086, Fiorini I,2 p.108)
1.1.2 Giovanni la Xabica x Betta Inguanez (Gauci p.146, photo no 10086)
1.1.2.1 Imperia la Xabica x Giovanni Nava (Abela p.460, photos no 16835 et 10086)
1.1.2.2 Paola la Xabica (photo no 10086)
1.1.3 Manfredo la Xabica (photo no 10086)

1.2. Vittoria la Xabica x Manfredo d'Alagona (photo no 10086) xx Diego Sanchez de Porto Carrero

1.3. Consalvo la Xabica (photo no 10086)

2. Francia de Pellegrino x Ludovico de Plozasco xx Simone Mazara [16] (Abela p.381, photo no 16838)

3. Eleanora de Pellegrino x Matteo del Carretto (Abela p.381, photo no 16835)

3.1 Giovanni del Carretto x NN (Abela p.469, photos no 16835 et 16837)
3.1.1 Federico del Carretto (photos no 16835 et 16837)
3.1.2 Margarita del Carretto x Pier Giovanni di Mazzara (photos no 16835 et 16837)
3.1.2.1 Isabella Mazara x Giovanni de Nava (Abela p.460, photo no 16835)
3.1.2.1.1 Pietro de Nava x Imperia Inguanez xx Paola de Guevara (Abela p.460, photo no 16835)
3.1.2.1.2 Giovanni de Nava x Imperia la Xabica (Abela p.460, photo no 16835)

3.2 Antonella del Carretto (photos no 16835 et 16837)

3.3 Federica (ou Federico?) del Carretto (photos no 16835 et 16837)

Sources
Notes
  1. Fiorini, II,1 p. 17.
  2. Fiorini, op.cit. pp. 19-22.
  3. Dalli, p. 173.
  4. Bresc, pp. 180-200.
  5. Fiorini, op.cit. p.19.
  6. Dalli, op.cit. p. 173.
  7. Bresc, p.183.
  8. Ibid.
  9. Fiorini, op. cit., p. 60.
  10. Voir Bresc p.181, Gauci p.148, Abela p.261 et p.380, Cassar-Dessain p.6 la photo no 16837 par exemple.
  11. Fiorini, op. cit., p. 89.
  12. Fiorini, op. cit. p.141.
  13. Fiorini, II,2 p. 18.
  14. Consultable sur le site http://homepage.ntlworld.com/cilialacorte/appendix2.html
  15. Comme sa mère autrefois, elle reçoit une pension de 12 uncie de la part du roi Martin en 1405.
  16. veuf de Béatrice d'Aragon.

Publié avec l’aimable autorisation de Loïck PORTELLI


  1. Les patronymes maltais, de Joëlle PAWELCZYK
  2. Origine des noms à Malte, de Mario CASSAR
  3. Mariages à Malte au XVIIIème siècle, de Aurore VERIÉ
  4. Le légendaire Eugène Matteo d'Armenia, de Loïck PORTELLI
  5. Le sultan Djem et sa prétendue descendance maltaise, de Nicolas VELIN
  6. Jacques et Marguerite de Pellegrino, de Loïck Portelli
  7. Le Siège de Gozo en 1551 et la Repopulation de l’île (extraits), de Stanley FIORINI
  8. Mariages à Malte au cours de la période 1750-1800 (extraits), de Frans CIAPPARA
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